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"Voulez-vous payer en Euros ?" : Le piège à touristes qui vous vole 10% à chaque paiement (et pourquoi il faut toujours refuser)

Kutxyt
KutxytAuteur
21 min de lecture
"Voulez-vous payer en Euros ?" : Le piège à touristes qui vous vole 10% à chaque paiement (et pourquoi il faut toujours refuser)
Image de couverture • Metalya

Vous partez à l'étranger ? Au moment de payer ou de retirer de l'argent, le terminal vous propose de "Convertir en Euros". C'est tentant, non ? C'est en fait une arnaque légale appelée DCC. Découvrez pourquoi votre banque vous protège mieux que le terminal du commerçant et comment éviter les frais cachés des distributeurs touristiques "Euronet".

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La seconde de panique au moment de l'addition

Le scénario est universel. Vous êtes en vacances, détendu. Vous venez de finir un excellent repas à Londres ou à Bangkok. Le serveur vous tend le terminal de paiement (TPE). Vous insérez votre carte. Soudain, l'écran change et vous pose une question solennelle, souvent avec deux drapeaux :

  • Option 1 (Gauche) : Payer en GBP (Livre Sterling). Montant : 50.00 £.
  • Option 2 (Droite) : Payer en EUR (Euros). Montant : 62.50 €.

Votre cerveau reptilien s'active. Vous êtes fatigué de calculer des taux de change de tête. L'option en Euros semble rassurante. C'est votre monnaie. Vous savez exactement combien sera débité. C'est la sécurité, le confort. Alors, vous appuyez sur le bouton "Euros". Le serveur sourit.

Ce que vous ne savez pas, c'est que vous venez de tomber dans le piège le plus lucratif de l'industrie du tourisme. En choisissant la "sécurité", vous avez accepté un taux de change pourri, bien pire que celui de votre banque. Sur un voyage de deux semaines, cette petite erreur répétée peut vous coûter le prix d'un billet d'avion. Ce mécanisme s'appelle la DCC (Dynamic Currency Conversion). C'est une arnaque légale, présentée comme un "service". Dans ce dossier, nous allons démonter ce mécanisme, voir pourquoi les distributeurs jaunes et bleus "ATM" sont vos ennemis, et quelle est la règle d'or absolue pour payer hors zone euro.

billets en euro
billets en euro

Chapitre 1 : L'Arnaque de la DCC (Pourquoi le terminal est un faux ami)

Pour comprendre l'arnaque, il faut comprendre qui fait le change. Quand vous payez quelque chose à l'étranger, une conversion doit avoir lieu. Vos Euros doivent devenir des Livres ou des Yens pour le commerçant.

Il y a deux acteurs qui peuvent faire cette conversion :

  1. Votre Banque (Visa / Mastercard) : C'est ce qui se passe si vous choisissez "Payer en devise locale". Le terminal envoie la demande de 50 Livres à votre banque. C'est votre banque (ou le réseau Visa) qui applique le taux de change du jour. Ce taux est le taux du marché mondial, très proche de la réalité.
  2. La Banque du Commerçant (Le Terminal) : C'est ce qui se passe si vous choisissez "Payer en Euros". Le terminal fait le change sur place.

Le problème ? Le Taux. Le terminal n'est pas une banque. C'est un prestataire privé. Quand il vous propose de payer en Euros, il applique un taux de change totalement libre. Il prend le taux réel et ajoute une marge "de confort" (markup) qui peut aller de 5% à 12%. C'est le prix que vous payez pour voir le montant s'afficher en euros immédiatement. C'est comme changer de l'argent dans un bureau de change douteux à l'aéroport plutôt que dans une vraie banque.

Pourquoi le serveur insiste ? Parfois, le serveur ou le commerçant appuie sur le bouton "Euros" pour vous, ou vous dit "C'est mieux en Euros, pas de frais !". Pourquoi ? Parce qu'à la fin du mois, la banque du terminal reverse une commission au commerçant sur toutes les transactions DCC. Plus vous vous faites arnaquer sur le taux de change, plus le commerçant gagne d'argent. C'est un conflit d'intérêt majeur.

Règle Absolue : Chaque fois qu'un écran vous demande de choisir, choisissez TOUJOURS la devise locale (celle du pays où vous êtes). Si vous êtes au Japon, payez en Yens. Aux USA, en Dollars. Laissez votre banque faire le travail. Même si votre banque traditionnelle (Crédit Agricole, BNP...) prend des frais (généralement 2% ou 3%), ce sera TOUJOURS moins cher que les 10% cachés du terminal.

Chapitre 2 : Les Distributeurs "ATM" (Le piège d'Euronet)

Si le terminal de paiement est un pickpocket discret, les distributeurs automatiques de billets (ATM) touristiques sont des braqueurs de banque. Vous les avez vus partout en Europe (Espagne, Grèce, Prague, Budapest). Ces distributeurs jaunes et bleus avec écrit "ATM" ou "Euronet" en gros. Ils sont idéalement placés : dans les rues piétonnes, à côté des monuments, dans les halls d'aéroport. Ils ne appartiennent pas à une banque locale. Ce sont des machines privées posées là pour faire du profit.

Ils utilisent une double lame pour vous saigner :

  1. Les frais de retrait fixes (Surcharge) : Dès que vous mettez votre carte, l'écran vous dit : "Des frais d'accès de 3,95€ (ou 5€) seront appliqués". C'est énorme. Si vous retirez 20€, vous perdez déjà 25% de la somme. Une vraie banque locale (Santander, Barclays, Deutsche Bank) ne facture souvent aucun frais de distributeur (sauf politique spécifique de votre propre banque).
  2. La Conversion Forcée (Encore la DCC) : C'est là qu'ils sont vicieux. Vous demandez 100€. La machine vous affiche : "Débit garanti de 115€ ?". Il y a un gros bouton vert "ACCEPTER" et un tout petit bouton gris "REFUSER LA CONVERSION". Le design est fait pour vous tromper (Dark Pattern). Si vous cliquez sur le gros bouton vert (ce que 90% des gens font), vous acceptez que la machine fasse le change avec son taux pourri. Si vous cliquez sur "Refuser la conversion" (ou "Débiter en monnaie locale"), la machine vous donnera quand même vos billets ! Mais c'est votre banque qui fera le change au taux réel.

L'astuce "Cash" : Ne retirez jamais d'argent dans un distributeur "générique" ou "ATM Tourist". Marchez 50 mètres de plus et cherchez un distributeur accolé à une agence bancaire réelle (avec un logo de banque connue). Et lisez bien l'écran. Si on vous propose un taux de change "garanti", fuyez ou refusez. Le seul bon taux est le taux "non garanti" du marché.

machine comptant les billets
machine comptant les billets

Chapitre 3 : La Révolution des Néo-Banques (Revolut, N26, BoursoBank)

Pendant longtemps, on était coincés. Soit on payait la commission du terminal (10%), soit on payait les frais de notre banque française (2% de commission + 3€ de frais fixes par retrait). C'était la peste ou le choléra.

Aujourd'hui, voyager avec sa carte bancaire "classique" (celle de votre compte courant historique) est une erreur financière. Les néo-banques (Revolut, N26, Monzo, BoursoBank Ultim) ont changé la donne. Elles proposent le Taux Interbancaire (le taux réel du marché, sans marge) et 0 frais sur les paiements. C'est imbattable. Sur un voyage de 1000€, la différence entre une carte BNP classique et une carte Revolut peut atteindre 40€ ou 50€ d'économies.

Mais attention au piège du Week-End : Même les "gentils" ont leurs limites. Le marché des changes (Forex) est fermé le week-end (samedi et dimanche). Pourtant, vous continuez à dépenser le samedi soir. Pour se protéger contre une variation brutale du cours à la réouverture le lundi matin, des applications comme Revolut appliquent une majoration de 1% sur les changes effectués le week-end. L'astuce de pro : Le vendredi après-midi, ouvrez votre appli et changez vos euros en devise locale avant le week-end. Créez un sous-compte en Livres ou en Yens et mettez-y l'argent de vos soirées. Vous figerez ainsi le taux de la semaine, et vous éviterez la surtaxe du week-end.

Conclusion : Le confort a un prix, mais il est trop élevé

L'être humain a peur de l'incertitude. Quand on voit "3500 Bahts Thaïlandais", on ne sait pas ce que ça vaut. On a peur. Quand on voit "95 Euros", on est rassuré. Les banques et les terminaux de paiement vendent cette réassurance à prix d'or. Ils exploitent votre fatigue mentale de voyageur.

Ne cédez pas. Voyager, c'est accepter d'être ailleurs. Accepter de payer en monnaie locale fait partie de l'expérience. Installez une application de conversion de devises (comme XE.com) sur votre téléphone pour vérifier les prix si vous avez un doute. Mais au moment de tendre votre carte, souvenez-vous de ce mantra : "Local Currency, Always." (Devise locale, toujours). C'est le seul moyen de garder votre argent pour ce qui compte vraiment : un deuxième dessert, pas des frais bancaires invisibles.

Hidden Lab : La transparence est une valeur

Ces interfaces de paiement trompeuses (bouton vert pour une mauvaise option, bouton gris pour la bonne) sont l'exemple typique de ce qu'on ne veut pas faire. C'est du design malveillant. Ça rapporte à court terme, mais ça détruit la confiance.

Chez Hidden Lab, nous croyons au Design Éthique.

  • Interfaces Claires : Vos utilisateurs ne doivent jamais se demander où ils cliquent ou ce qu'ils achètent. Pas de petites lignes cachées.
  • Parcours Honnête : Nous optimisons les taux de conversion (les ventes) par la persuasion et la valeur, pas par la tromperie.
  • Technologie Ouverte : Nous utilisons des standards transparents. Si nous intégrons un module de paiement sur votre site, nous nous assurons qu'il est sécurisé et clair pour vos clients.

Gagnez la confiance de vos clients, pas juste leur argent.

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Écrit par Kutxyt

Créateur & Rédacteur de Metalya

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